| Le Nouveau Gouvernement : Contre la délinquance financière |
| 22-10-2007 | |
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Avant, pendant et
après la formation du nouveau gouvernement Modibo Sidibé, le Président de
Mais le Chef de l’Etat s’est tout simplement limité à une mise en garde sans
pour autant se prononcer sur le degré de punition à infliger aux délinquants
financiers et les conséquences qu’ils pourraient encourir.
En effet, en plus de l’avertissement du locataire de Koulouba, il serait aussi
nécessaire que les ministres -même s’ils le savent déjà- aient le maximum
d’informations sur les conséquences du phénomène et le degré des peines
auxquelles doit s’attendre toute personne qui s’en rendra coupable. Cela aura
peut être l’avantage de décourager ceux qui ont l’intention de se lancer dans
la voie de la délinquance financière et de la corruption.
En effet, il n’est un secret pour personne qu’au Mali, la corruption touche une
part considérable des ressources nationales. Cette situation hypothèque
gravement les chances de développement de notre pays, en même temps qu’elle
constitue une menace pour la paix sociale.
Et pour cause : la délinquance financière et la corruption entraînent
toujours un manque à gagner pour l’Etat. Ce sont ainsi des routes non bitumées,
des salles de classes qui ne seront pas construites, des centres de santé en
moins, avec leurs effets de malnutrition d’enfants, de maladies handicapantes,
de décès de femmes enceintes, d’analphabétisme d’une bonne partie de la
population...
Est-ce que des personnes responsables d’autant de malheurs pour leur propre
famille, leur communauté, leur collectivité et leur pays doivent mériter une
quelconque compassion, ou indulgence de la justice?
Cependant, la lutte contre ce fléau ne doit pas l’être seulement se
limiter en paroles, mais se traduire dans l’action. Il existe, certes, des
sanctions pénales ou disciplinaires, eu égard aux manquements et irrégularités
constatés. Mais il reste à savoir si ces sanctions sont correctement appliquées.
Dans tous les cas, bon nombre de Maliens répondront que la justice
malienne se distingue par une sorte d’impunité vis-à-vis des corrompus et des
délinquants financiers. Cependant, ils sollicitent l’application des sanctions
avec la dernière rigueur.
Des sanctions exemplaires et dissuasives
Selon certains, les sanctions à appliquer doivent être des plus lourdes
possibles afin de servir d’exemple et dissuader ceux qui seraient enclins à se
lancer dans la même voie.
Les sanctions doivent être non seulement alourdies, mais sortir du cadre actuel
de remboursement des sommes éventuellement détournées et de versement de
dommages et intérêts plus ou moins modiques.
Les sanctions pénales doivent être exemplaires. Actuellement, les articles 106,
120 et suivants du code pénal sont ceux qui traitent de la corruption. Les
peines qui y sont prévues mentionnent, outre les amendes, un emprisonnement
maximal à perpétuité pour les préjudices supérieurs à 50 millions de FCFA.
La peine de mort prévue pour certains crimes n’est pas prise en compte
dans ce cas. Ce qui doit être revu, indiquera Moussa Mara dans une de ses œuvres,
car selon lui, le crime de corruption est souvent plus dévastateur pour la
collectivité que d’autres crimes.
Le fléau, ajoutera t-il, doit être considéré comme un crime contre
l’humanité, ou tout au moins comme une atteinte à la sûreté de l’Etat. Ce
classement exceptionnel permettra de donner à la répression du phénomène toute
son ampleur.
Le Président de
Moussa TOURE Le Soir de Bamako(19/10/07)
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