Le Rapport Annuel 2009 est disponible en téléchargement sur ce site.

BVG-MALI

PUBLICATION DU RAPPORT ANNUEL 2008
14-07-2009

Allocution du Vérificateur Général lors de la cérémonie de remise de son rapport annuel 2008 à Son Exellence Monsieur le Premier Ministre

Excellence Monsieur le Premier Ministre,

Au cours de l’année 2008, l’activité de vérification fut intense, dense et variée. Le rapport annuel que je suis sur le point de vous remettre fait la synthèse des 49 vérifications effectuées, d’initiative ou sur saisine, dans une trentaine de structures publiques et de 41 dossiers traités dans le cadre de saisines.

Monsieur le Premier Ministre,

C’est l’occasion et le lieu de remercier l’ensemble de votre Gouvernement et vous-même pour votre appui multiple et multiforme. C’est également l’occasion de vous remercier personnellement pour la confiance et l’estime que vous avez manifestées pour le Bureau en lui confiant la vérification des comptes du Trésor Public à travers l’analyse des impayés de l’Etat. L’un des constats majeurs des travaux menés à cette fin porte sur le fait que les structures publiques ont un besoin pressant d’être dotées de capacités organisationnelles dans la conservation et l’archivage des documents. Les réelles difficultés éprouvées par les services techniques pour produire les documents de leur gestion sont amplement symptomatiques de cette nécessité. Les méfaits de cette faiblesse sont incommensurables en cela qu’elle sert quelquefois d’échappatoire facile et confortable pour dissimuler de réels actes de malveillance.

Monsieur le Premier Ministre,

Trois ans après son premier rapport annuel et à l’issue des 75 vérifications effectuées avant l’année 2008, le Bureau du Vérificateur Général, malgré les vicissitudes inhérentes à toute croissance, se devait de montrer qu’il mérite la confiance publique.

(..)

Dans cette optique, il a entrepris de suivre l’état de mise en œuvre des recommandations formulées à l’occasion des vérifications précédentes. Ce suivi est destiné à s’assurer que les recommandations initiales sont pertinentes, réalistes et porteuses du changement approprié. C’est une activité qui permet au Bureau de mesurer sa valeur ajoutée à la marche de l’Etat mais aussi d’évaluer une dimension importante de sa propre performance dans l’optique d’une amélioration continue. A ce titre, le Bureau y perçoit un outil précieux et un devoir primordial duquel il ne saurait se départir. Les 9 suivis réalisés en 2008 sur les recommandations formulées en 2005 et en 2006 attestent la perspicacité de cette vision. Ils me permettent, en effet, aujourd’hui de dire, sur de bases certaines, que les structures publiques réservent un intérêt réel à nos différentes recommandations : globalement, le taux de mise en œuvre est de l’ordre de 80%.

Monsieur le Premier Ministre,

Il est un devoir pour moi de communiquer, à travers vous, les résultats de mes travaux à l’ensemble des entités vérifiées mais surtout à l’ensemble des citoyens. Cette diversité de destinataires m’a incliné à opter, depuis 2007, pour plus de sobriété dans la formulation des principaux constats et des recommandations. Cette approche, sans compromettre la substance ni la technicité des questions soulevées, participe de notre souci de proximité avec le peuple, principal bénéficiaire des retombées de la mission qui nous est confiée. Dans cette œuvre de simplification de l’expression, nous avons bénéficié de l’appui technique du BVG-Canada. Permettez-moi donc, Monsieur le Premier Ministre, d’exprimer toute ma gratitude à l’endroit de la Vérificatrice Générale du Canada qui, cette année encore, a dépêché auprès de moi sa Directrice principale de la communication des rapports.

Excellence Monsieur le Premier Ministre,

L’exaltante mission qui m’est assignée serait restée vaine gageure sans la compréhension, la participation et l’aide de l’ensemble des services centraux, des services rattachés, des structures décentralisées et des établissements publics. A cet égard, il est juste de relever l’adhésion croissante des entités vérifiées à l’action du Bureau. Il est également juste, cependant, de signaler qu’il subsiste encore quelques réticences qui sont, certes, isolées mais qui ont un impact négatif certain sur la qualité de nos travaux. Nous accusons parfois d’importants retards liés à la timidité et à la parcimonie manifestées dans la mise à disposition des documents et des informations.

Monsieur le Premier Ministre,

L’année 2008 a été riche et dense en activité de vérification mais aussi en d’autres événements induisant pour le Bureau, et même pour ma personne, de fortunes diverses.

En effet, malgré le soutien indéfectible et sans cesse renouvelé des pouvoirs publics, le Bureau a été l’objet de diverses actions pernicieuses. Ces actions se sont manifestées par, notamment, un lynchage médiatique destiné à le discréditer et une « étude » manifestement aiguillonnée pour préconiser rien moins que la dissolution  pure et simple du Bureau.

Monsieur le Premier Ministre,

L’engrenage, noué dans une sorte d’indifférence généralisée, a atteint son paroxysme sous la forme d’un harcèlement devant les tribunaux lequel a atteint son point culminant avec mon placement sous mandat de dépôt à l’instigation de certains membres de mon personnel.

Dans ce climat d’hostilité visant à paralyser le Bureau, la meilleure attitude que pût adopter le personnel fut de rester solidaire et serein, travailler plus et mieux, et continuer à être à la hauteur de la noble mission qui nous est.  Au résultat, il n’est pas malsain de constater que les manœuvres hostiles furent vaines : nous avons produit 49 rapports sectoriels, soit une progression de 48,5% par rapport à l’année 2007.

Nous avons pu constater que des efforts sont déployés pour améliorer le cadre conceptuel et opérationnel de la gestion publique mais le manque à gagner total de 98 milliards de FCFA révélé par nos vérifications au titre de l’année 2008 nous incline à souhaiter que, de manière déterminée et hardie, les gestionnaires publics s’inscrivent dans la logique implacable de la performance et de la qualité pour contribuer réellement aux efforts nationaux de réduction de la pauvreté en vue d’un développement harmonieux et éclatant.

Monsieur le Premier Ministre,

En 2008, le Bureau a grandement contribué au rayonnement international de notre pays. Ainsi, sur financement du PNUD il a conduit une mission d’appui au Gouvernement de la République Démocratique du Congo pour la mise en place d’un Vérificateur Spécial dans ce pays ; il a eu une participation remarquée à la Conférence du Consortium international de gestion financière gouvernementale à Miami (Etats-Unis d’Amérique). En outre, le BVG-Mali a été élu au comité de pilotage du Réseau des institutions nationales anti-corruption des pays membres de la CEDEAO, mis en place sous l’égide de cette organisation.

Au plan national, le BVG a été désigné Agence d’exécution du Projet de la Banque Mondiale pour l’Appui aux Institutions d’Audit et Corps de Contrôle des Finances Publiques qui, en instaurant une synergie entre les structures de contrôle des finances publiques, a déjà permis de les doter de guides d’audit comptable et financier, de programmes d’examen de la qualité et de codes d’éthique.

Ces marques de confiance et votre haute attention revigorent notre optimisme et  notre ardeur à la tâche pour maintenir et rendre irréversible l’élan acquis par le BVG. Le personnel du BVG et moi-même, en sachant compter sur votre disponibilité, ne ménagerons nul effort pour persévérer dans la voie ainsi tracée.

Je vous remercie.

 
Joomla extensions and Joomla templates by JoomlaShine.com

Documents

Autres rubriques

Revue de presse
Sur le web

Projet Audit IDA-BM

Guides d'audit compt.....